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Comment le Far West a construit ses légendes

Dernière mise à jour : 14 nov. 2022

La création d’expériences immersives historiques est un exercice d’équilibriste délicat entre la volonté de s’approcher au plus près de la réalité historique… et le besoin de rendre les faits le plus divertissants possibles.

Et il n’y a pas de meilleure époque pour réunir ces deux aspects que le Far West, où l’hyperbole et la fanfaronnerie avaient une place de choix. Qu’ils aient été des héros ou des hors la loi, les grandes figures de l’Ouest sauvage avaient toutes un flair certain pour la publicité et savaient se mettre en scène pour marquer les consciences.


De tous, Buffalo Bill était sans conteste le plus doué. Après avoir commencé sa carrière en payant des auteurs de romans de gare pour qu’ils en fassent le héros de leurs histoires, Bill créa bientôt un spectacle itinérant, “Buffalo Bill’s Wild West”, dans lequel il mettait ses exploits supposés - et ceux de ses amis - en scène pour un public citadin fasciné par ces histoires de pionniers bravant tous les dangers à la conquête de l’Ouest. Continuant à travailler pour l’armée entre deux tours, Buffalo aurait un jour revêtu son costume de scène avant de partir au combat ! Ce qui n’était guère plus qu’une escarmouche avec une bande d’éclaireurs Cheyenne deviendrait dans son spectacle une victoire retentissante contre un grand chef de guerre.


Les hors la lois n’étaient pas en reste. Jesse James se forgea ainsi une légende de “Robin des bois du Far West” sans jamais avoir partagé son argent avec quiconque ! Le journaliste John Newman Edwards, qui partageait les sentiments pro-Confédéralistes du hors la loi, lui offrit la plateforme idéale pour défendre les actions de son gang en rendant la guerre de Sécession, que les Confédérés venaient de perdre, coupable du désespoir de ces hors la loi. Non content de publier les lettres que lui envoyait Jesse James après chaque attaque de locomotive ou braquage de banque, Edwards publia également de nombreux articles défendant le bandit, avec des titres aussi évocateurs que “La Chevalerie du Crime”.



Être hors-la-loi au Far West était une occupation dangereuse, mais être une femme au Far West l’était d’autant plus. Certaines femmes y ont cependant vu l’opportunité de se frayer leur propre chemin, loin des conventions de l’époque. L’une d’entre elles, Martha Jane Canary, deviendrait rapidement connue dans tous les États-Unis comme Calamity Jane (et comme tout bon publiciste, elle inventa elle-même l’origine de son surnom). “La Vie et les Aventures de Calamity Jane,” son autobiographie en 7 pages, retraçait sa vie mouvementée en mêlant les faits aux inventions pures et simples dans un style naturel et brut qui connu un grand succès. Comme le note l’historienne Linda Jucovy, “les détails de ses exploits étaient rarement véridiques, mais tout le monde s’en fichait. L’important, c’était l’histoire.” Dans la veine de Buffalo Bill, Calamity parcouru le pays en racontant sa vie dans divers spectacles, et son autobiographie était le souvenir parfait pour les spectateurs (ainsi qu’une anti-sèche appréciable quand Calamity avait un peu trop bu avant de monter en scène).


Une bonne histoire comme moyen efficace de retranscrire l’expérience authentique de toute une époque tout en rendant les faits plus divertissants…

Le but même d’une expérience immersive historique !


Les raconteurs d’histoires du Far West nous donnent ainsi une opportunité formidable, en nous laissant à la fois tous les ingrédients pour créer un spectacle inoubliable, et la possibilité de montrer la face cachée de leurs légendes. Nous avons hâte de les partager avec vous !

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